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Memoires Industrielles

       

Par Sophia Fatcap |  Publié le Lundi 30 Mai 2011.

Pour les amoureux de lieux abandonnés, d'entrepôts désaffectés et d'usines en friche, il existe une exposition itinérante qui rend hommage à ces endroits à l'ambiance si particulière.

Mémoires industrielles est un projet né à Toulouse. Sept graffeurs de la scène locale se sont réunis pour plonger les spectateurs de cette exposition dans l’univers des friches industrielles. Si vous n’allez pas vers les friches, ce sont les friches qui viendront à vous.

Dark, Dspri, Keyler, Mikoz, Spazm, Spot et Xerou sont des graffeurs toulousains. Ils ont en commun un gout prononcé pour l’exercice de leur art dans des usines et autres bâtiments abandonnés. Rien que de très banal pour des graffeurs à la recherche de murs pour s’exprimer et de tranquillité pour éviter le travail dans l’urgence. L’histoire pourrait s’arrêter là si la fréquentation de ces lieux mystérieux n’avait fait d’eux des collectionneurs d’un genre un peu particulier.

Photographies Thias (PhotoGraffCollectif (PGC)) - Exposition Mémoires industrielles 1.0 à Toulouse

C’est qu’à force de fréquenter des hangars et autres entrepôts remplis de bric et de broc, ces gars-là se sont transformés en fils spirituels de Louis la brocante. Entre terrains de jeux et cavernes d’Ali Baba, la description qu’ils donnent des friches est une déclaration d’amour.

« Un monde parallèle, un joyeux chaos où la nature a, malgré tout, repris ses droits et où se retrouvent les rebuts de notre société: des déchets industriels, des fantômes d'ouvriers licenciés, des objets de consommation « en fin de vie », des marginaux de tous poils et, bien sûr, des graffitis. »

La mémoire des objets récoltés fait voyager l’imaginaire dans ces lieux particuliers. D’où vient ce livre de comptes ou cette scie rouillée ? A quoi servait cette plaque signalétique ?

Photographie Thias

D’où l’idée d’en faire le support de leurs graffiti. Le voyage se poursuit alors dans un espace qui permet d’amener un public plus large à s’intéresser à des lieux très peu fréquentés et difficile d'accès. Voire complètement abandonnés. Ce voyage nous parle aussi de gâchis. Il suffit de constater la quantité d’objets récupérés. Avec cette exposition, on entre donc dans l’histoire industrielle de notre pays. Les fermetures d’usine et les licenciements. Le matériel laissé en plan.

Voici donc le récit de l’aventure d’une exposition toulousaine clôt le 18 mars. Mais l’histoire ne s’arrête toujours pas là. Nos joyeux graffeurs conscients de la portée universelle de leur message (quelle ville n’a pas ses batiments abandonnés ? son gaspillage ? ses amoureux de friches ?) décident de faire vivre ce projet au delà de la ville rose.

Photographie Tat (PGC) - La Friche (Paris XXe) redécorée aux couleurs de l'exposition Mémoires industrielles 2.0

Au Monkeys Bar

Photographies via Mémoires industrielles

La connexion avec Paris se fait avec le PhotoGraffCollectif (PGC), qui les invitent à LaFriche (Paris XXe) – lieu géré par le PGC, la Kommune et le crew HEC. Et voici une deuxième étape pour l’exposition. Baptisée Mémoires industrielles 2.0, c’est la même (graffer sur des supports de récupération, faire découvrir l’ambiance des batiments industriels abandonnés) tout en étant différente (Le lieu est plus petit qu’à Toulouse. Des œuvres sont dirigées vers les locaux de Radio Nova ; d’autres envahissent un bar voisin sur le boulevard). Mais toujours des installations et une scénographie très travaillée. Petit coup de coeur pour la maquette en matériaux de récupération où les ouvriers sont remplacés par des playmobile. La spécificité de l’étape parisienne, c’est aussi le mur en face de La Friche. Les graffeurs toulousains se sont fait un plaisir, à n’en pas douter, de sacrifier à la tradition qui veut que les exposants s’emparent aussi de ce mur. Et comme à l’accoutumé dans la rue Dénoyez, l’animation a débordé sur le quartier.

La suite du projet ? Xerou et ses comparses comptent bien « faire le tour des grandes villes de France, et pourquoi pas d’Europe ».

 

Xerou - Photographie Thias

Photographie Mouarf (PGC) - graffiti de Spot dans la région toulousaine


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