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Le Chateau d'Albatart

       

Par Sophia Fatcap |  Publié le Mardi 7 Avril 2015.

D'imposants guerriers bantus protègent le 40 de la rue René Boulanger à Paris.

Les parisiens fréquentant assidûment le Xème arrondissement de la capitale auront remarqué qu’un immeuble de bureaux du boulevard Saint Martin, à deux pas de la place de la République, arbore de fiers guerriers Bantus sur sa façade. Cette réalisation est l’œuvre de Kouka (HEC). Le bâtiment en question est squatté depuis plusieurs mois. Rebaptisé le château d’Albatart par ses occupants, il fait l’objet d’une procédure d’explulsion. Les jours du squatt’ sont comptés.

Le château d’albatart était un lieu ouvert au public au début de l’année. Plusieurs portes ouvertes y ont même été organisées. Concerts, expositions, ateliers, des dizaines d’artistes y ont trouvé un lieu de travail ou de présentation de leurs œuvres. Kouka, par exemple, s’est vu attribué toute une aile du rez-de-chaussée.

L’espace et les échanges. Ce sont les deux raisons qui ont poussé Kouka à venir s’installer ici. Il dit : « ma plus grande crainte est de finir cloitrer dans un atelier et de ne voir personne. » Pour les échanges, il est servi: « pendant les portes ouvertes, entre les amis des artistes, les gens du quartier et les passants, on attire beaucoup de monde. »

Pour l’espace aussi, il est servi. La surface de son atelier couvre au moins 150m2. C’est la première fois qu’il travaille dans un lieu aussi grand. Sans commune mesure avec son appartement de 30m2. Trouver un atelier à Paris ou en proche banlieue est un véritable parcours du combattant. Il existe des lieux mis à la disposition des artistes par des organismes publics mais les délais d'obtention sont rédhibitoires. Dans le parc privé, un local de 50m2 dans le Xeme arrondissement se loue 1200€ minimum.

Depuis que le squatt est interdit au public, les artistes et les habitants ont progressivement déserté les lieux. Que vont faire les artistes ? Migrer vers un autre espace. Jusqu’à la prochaine expulsion.

Kouka dans son "atelier" à côté d'un de ses guerriers Bantus.

Grâce à une vue imprenable sur la rue, rien n'échappe aux guerriers.

Toujours dans son atelier, Kouka pose entre deux personnages moins sympathiques.

Les traces de l'activité débordantes du Chateau sont partout...

...des tags...

...des tableaux...

...et même des installations...

...des étages, jusqu'au toit. Avec une vue imprenable sur Paris.

Texte: Sophia Aït Kaci

Pour aller plus loin

Kouka

Le Chateau d'Albatart

Dernière minute

Aujourd'hui et demain se tiennent des portes ouvertes, dans un autre espace occupé, la cité industrielle La Jarry. Avec la participation de nombreux artistes, dont Jean Spezial, Toxic, Monkey, Mast, Kashink, Beerens, Monsieur Foly, Phoks.

Plus d'informations sur le site de l'association Jarry've revient.

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