News

La rue dans le musée

       

Par Marie |  Publié le Lundi 26 Décembre 2011.

Après le succès de l’exposition «Art in the streets» à Los Angeles, FatCap s’est penché sur un détail qui a son importance : le graffiti a donc eu son billet pour le musée.

Définition d’un musée : lieu, édifice où sont réunies, en vue de leur conservation et de leur présentation au public, des collections d'œuvres d'art, de biens culturels, scientifiques ou techniques.

Ainsi donc, le graffiti et le street art ont fait leur entrée dans le prestigieux et intemporel musée. Cette action lourde de sens ne date pourtant pas d’hier, puisque déjà en 1983, le Musée Boymans au Pays Bas a été le premier à sauter le pas. Il s’agissait de la première exposition entièrement consacrée au graffiti, cette dernière a connu un grand succès en Europe et ce fut la toute nouvelle reconnaissance officielle du graffiti comme forme d’art.

Les artistes présentés étaient entre autre Blade, Dondi, Seen, Futura 2000, Crash, Quik.

Catalogue exposition graffiti 1983 Musée Boymans

Bien sur, le graffiti avait déjà été exposé au grand public dans les galeries, la première étant la Razor Gallery à New York en 1972 sous l’initiative d’Hugo Martinez qui avait créé l’UGA : united graffiti artists avec notamment Phase2, Snake et Stitch1.

Mais nous parlons ici du musée, ce lieu où réside l’histoire d’un courant artistique et qui préserve donc toutes sortes de créations.

Le graffiti est passé de vandalisme sévèrement puni à une nouvelle forme d’art pour les critiques et les collectionneurs. Le méchant est devenu le gentil et certains professionnels ont à l’époque compris tout ce que ce mouvement dégageait, en terme de création et d’indépendance d’esprit.

A cette même période, le graffiti connaît sa première tournure où certains continuent la "pratique sauvage" et illégale en commençant par les souterrains, pendant que d’autres se transfert déjà sur la toile. C’est d’ailleurs cette nouvelle pratique qui permettra au mouvement d’accéder à sa place dans les musées, car avant il n’y avait que des photos ou des vidéos comme témoignages artistiques.

Au début des années 90, les villes européennes organisent des festivals, des rencontres entre les pionniers new-yorkais du style oldschool avec les nouvelles générations comme par exemple le festival Kosmopolit à Bagnolet.
Les Pays Bas réitère de plus l’expérience au Musée Groninger avec une exposition 100% graffiti, alors qu’à New York  les autorités mènent la vie dure aux artistes.

Du côté de la France, le graffiti a totalement trouvé sa place dans les musées. La toute première exposition a eu lieu en 1992 au Musée du Trocadéro, où les graffeurs français étaient également mis à l’honneur.


Exposition graffiti 1992 Musée du Trocadéro

10 ans plus tard, c’est Alain Dominique Gallizia, dont la collection de tags pourraient en faire saliver plus d’un qui réinstalle le graffiti dans le musée, et pas n’importe lequel puisqu’il organise l’exposition de sa collection de plus 150 artistes au Grand Palais. Ce monument de prestige qui abrite notamment les grandes manifestations artistiques comme la FIAC (foire internationale d’art contemporain) se voit donc le temple pendant 5 semaines d’une collection qui retrace les débuts du tag à aujourd’hui avec Crash, Dondi, Bando, Seen, Jonone, Toxic, Quik et bien d’autres.

Exposition "Le tag au Grand Palais" 2009

Exposition "Le tag au Grand Palais" 2009

Exposition "Le tag au Grand Palais" 2009

Exposition "Le tag au Grand Palais" 2009

Cette exposition a remporté un franc succès auprès du grand public si bien qu’Alain Dominique Gallizia ne s’est pas arrêté là en créant un musée à ciel ouvert avenue de Wagram de Mars à Juillet 2010. Une bâche muséale a été mise en place pour accueillir des toiles et ainsi permettre aux oeuvres graffiti de rester dans la rue. A noter également la vente aux enchères organisée en Février 2010 toujours par ADG au Palais de Tokyo, avec des toiles de Chaze, Colorz, Crash, Ether, Horfe, Jonone, Kongo, l’Atlas, Psychoze…

Taki 183

Bando

Jonone

2010 a décidément été l’année du graffiti dans les musées en France d’autant plus avec l’exposition de la Fondation Cartier pour l’art contemporain « Né dans la rue-Graffiti ». Élaborée par Leanne Sacramone et Thomas Delamarre avec comme consultant Ket One, l’exposition offrait un panorama du courant avec ses différents styles et techniques.

Exposition "Né dans la rue-Graffiti" Fondation Cartier 2010

Exposition "Né dans la rue-Graffiti" Fondation Cartier 2010

Exposition "Né dans la rue-Graffiti" Fondation Cartier 2010

Exposition "Né dans la rue-Graffiti" Fondation Cartier 2010

De l'autre côté de la Manche, Londres n'a pas oublié de mettre en avant le mouvement avec notamment en 2008 la grande exposition "Street art" à la Tate Gallery, qui exposaient en parallèle des performances et des évenements Blu, Faile, JR, Nunca, Os Gemeos et Sixeart.

Jusqu’à l’été dernier, le grand absent de la liste des musées convertis au graffiti était étrangement les Etats-Unis, mais cela a vite été oublié quand l’incontournable MOCA de Los Angles a organisé « Art in the streets »,  la première rétrospective du mouvement graffiti dans le pays, qui sera d’ailleurs installée à Brooklyn à partir de Mars 2012. (lien news)

Exposition "Art in the streets" MOCA Los Angeles 2011

Fort de son expérience, l’enfant terrible de l’histoire de l’art a conquis tous les domaines de diffusion et d’exposition au grand public, de la rue au musée, pour notre plus grand plaisir.

Source photos : Cedric.A & Mynsteria

Partager sur: Twitter | Stumbleupon | Digg | Delicious | Instapaper

DERNIERES VIDEOS

Où c'est?