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La bombe sans peinture

       

Par Syd Davies |  Publié le Jeudi 22 Octobre 2009.

Entretien avec le créateur de la bombe qui fait beaucoup parler en France et aux Etats-Unis. Tagger sans peinture, le graffiti du 21ème siècle?

 

Elle a la forme d'une bombe de peinture normale. Elle a des caps interchangeables, elle produit des variétés de couleurs, et réagit à la pression. Mais cette bombe d'un nouveau genre ne laisse aucune trace.



 

Le projet "Halo", créé par Aissa Logerot est l'outil idéal pour tous les amateurs de light graffiti, puisque, combinée à un appareil photo, cette bombe permet de produire du light-graffiti avec les mêmes gestuelles que la peinture classique. Alors, nouveau joujou à la mode ou début d'une nouvelle ère? La réponse dans cet entretien avec l'inventeur, exclusivement pour FatCap.
 

FatCap: Pouvez vous nous décrire le projet en quelques lignes?


Aissa Logerot: Halo est une lampe dédiée à la pratique du light writing. L'idée principale était de reprendre les codes du graffiti et de la bombe de peinture, pour les adapter à la pratique plus moderne du light-writting, mais pour aussi que les artistes graffeurs puissent conserver en quelques sortes leurs gestuelles. L'usage de la lampe halo se veut simple, et reste très proche de l'utilisation d'une bombe de peinture. Il faut la secouer pour la recharger, appuyer sur l'embout pour obtenir la lumière désirée, et changer de caps pour varier l'épaisseur du faisceau (et la couleur de la Led). Formellement, elle reprend le format d'une bombe de peinture, pour que l'usager ait réellement la sensation de graffer dans l'air.

 

 

FC: Comment se recharge la batterie?


AL: La lampe halo est une lampe à induction magnétique qui se recharge en se secouant de haut en bas. Le mouvement provoqué permet ainsi de déplacer l'aimant se trouvant à l'intérieur et effectue un va et vient entre la bobine de cuivre et les ressorts situés aux deux extrémités du tube, ce qui génère de l'énergie éléctrique.


FC: Vous êtes vous basés sur une expérience de graffeur / taggeur pour le concevoir?


AL: Etant un amateur de graff, mais ne pratiquant pas (ou peu il y a quelques années), j'ai pu assister à de nombreuses démonstrations de graff à la bombe "classique", et à des séances et shooting de light-writing, avec des amis et autres personnes proches de mon entourage. J'ai fait ainsi le rapprochement entre ces deux arts qui se pratiquent souvent la nuit, dans un milieu urbain.



 

FC: Le projet sera t-il commercialisé?


AL: Je suis actuellement en contact avec certains industriels et autres sociétés spécialisées pour un possible développement de la lampe halo. Pour que l'objet puisse passer de l'état de prototype à un produit commercialisé, il faut répondre à des normes et autres éxigeances industrielles (process de fabrication) données par un cahier des charges (à définir) pour que l'objet soit viable. Cela demande donc un certain temps. Le projet suit actuellement son cours, mais rien n'est encore engagé officiellement.

 


FC: Quelles sont les évolutions futures?


AL: Il y a déjà des évolutions en perspectives. Le premier prototype était une première version, mais pour un développement industriel de la lampe, le principe des caps LED interchangeables sera remplacé par un embout fixe, constitué d'une LED RGB, permettant (grace à un carte électronique programmée) d'obtenir toute une gamme de couleurs, par un simple réglage. Autre élément, un capteur de pression permettra à l'utilisateur de varier l'intensité lumineuse avec pécision, et pourra ainsi obtenir un faisceau plus ou moins diffus.

 


FC: Sera t-il possible à terme d'y intégrer une communication sans fil avec un récepteur, pour par exemple, projeter en temps réel le fruit de la performance, ainsi que de garder en mémoire les différents mouvements, et s'approcher ainsi du vrai rendu du graffiti, sans utiliser de matère tangible?


AL: Ce sont des évolutions possibles, bien sûr, mais qui ne sont pas prévues dans un futur proche. Le projet halo se veut être avant tout un objet pratique, et accéssible pour le plus grand nombre. Si l'objet peut être développé et industrialisé à un prix convenable, et si il est adopté par les artistes, photographes et autres pratiquant du light-writting, se serait un aboutissement en soi. Après, c'est une autre histoire.


FC: Aïssa Logerot, je vous remercie.



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