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Interview Eme

       

Par Kacem |  Publié le Mardi 10 Mars 2015.

Interview de EME de Murcie en Espagne. Street art, humour et typographie. Découvrez le message, vous allez adorer! Découverte de la semaine.

"No Hope" (2011)

FatCap : Quel est ton nom et comment l'as tu trouvé?

Eme : Mon nom est M. C'était une évidence pour moi. C'est la première lettre de mon vrai nom et j'aime la typographie, la symetrie et jouer avec les lettres. Le "m" est la lettre du milieu de l'alphabet. C'est symétrique et en espagnol, vous pouvez lire "eme". C'est un nom simple et timide. C'est ce que j'aime.

FC : D'où viens-tu Eme? Parles-nous de tes débuts et ta découverte du graffiti.

E : Je suis originaire du sud-est de l'Espagne, une ville nommée Murcia. C'est un endroit très ensoleillé près de la mer. La vie est très calme, peut-être trop, mais il ya beaucoup d'endroits où vous pouvez peindre parce que les gens s'en moquent. Dans les années 90, ma ville et ses environs était couverte de graffiti, on a tous grandi avec le hip-hop ici.

FC : Quels sont tes défauts et qualités?

E : J'ai beaucoup de défauts mais le principal, je pense, est mon manque de technique. Je n'ai jamais étudié les beaux-arts et personne ne m'a enseigné comment peindre. Ma plus grande qualité, c'est que j'aime peindre et je n'abandonne jamais la recherche, pour exprimer au maximum ce que je ressent.

Détail de la peinture "Le Silence" (NDLR : T'es sure Eme que ton principal défaut est la technique?)

FC : Est-ce que le graffiti te rend libre?

E : Je ne sais pas. C'est parfois une maladie et à la fois un remède, j'ai juste besoin de peindre.

FC : Est-ce que ta vision du graffiti a changé avec le temps?

E : Oui. Beaucoup de choses changent avec internet, les nouvelles techniques, les couleurs... la taille des murs a vraiment augmenté et le nombre d'artistes talentueux aussi. Mais tout ça n'empêche pas d'apprecier le graffiti initial à sa juste valeur. Je crois que les gens confondent beaucoup de choses, tout est différent et utile dans un sens. Je suis contre l'idée de cette guerre graffiti vs Street art. Que tout le monde s'exprime comme il le ressent, c'est ça l'important, dans le respect mutuel.

FC : Quel sont tes goûts en matière de livres, de films et de musique?

E : J'aime les films d'animation, dessins animés, les films surréalistes avec un discour simple et profond. J'adore Beetlejuice par exemple, Edouard Aux Mains D'argent, Les triplettes de Belleville. J'aime beaucoup les couleurs et les teintes des films de Jean Pierre Jeunet. En général j'aime les films dans lesquels on peut s'identifier, ou tous simplement dans lesquels on peut apprendre quelque chose de nouveau. Malheureusement je ne lis pas de livres. J'ai beaucoup de mauvaises excuses (pas de temps, des migraines à cause de mes problèmes de vue), mais je préfère les livres avec des images comme des livres de typographie ou d'illustration. Coté musique,  j'aime mélanger les styles ... Ca dépend du moment, mais j'aime la musique en général.



"Destroy the World" (Murcia, Espagne - 2011)

FC : Tu lis des mangas ou comics?

E : Je n'ai jamais vraiment lu de bandes dessinées et encore moins des mangas. Par contre c'est évident que ça a influencé de nombreux graffeurs qui étaient enfant dans les années 80.

FC : Ta citation préférée?

E : "Tout commence aujourd'hui."

FC : Donne-moi une liste de mots pour définir ton travail...

E : Naïf, pessimiste, simple, profond, graphique, timide, fragile...

FC : Quelle différence fais-tu entre le graffiti et le street art?

E : Ca n'a rien à voir, c'est complétement différent, je pense qu'il faut juste arrêter de les comparer et les accepter pour ce qu'ils sont chacun.

"Think Twice" pour le Draw The Line festival (Campobasso, Italie)

FC : Est-ce que tu pratiques une autre forme d'art?

E : J'aime le dessin, la photographie, même si je ne me considère pas comme une artiste. Je voudrais travailler dans le monde de l'illustration, parce que je pense que c'est ma place, mais pour le moment je préfère apprendre et travailler dur.

FC : Décris-nous une journée typique de Eme.

E : Ma journée typique est tellement ennuyeuse que je prefère ne pas vous ennuyer :)

FC : Ok! Comment définis-tu ton style?

E : De simples illustrations et de la typographie, très faible vu de l'extérieur, mais profond à l'intérieur.

FC : Quelle est la place du graffiti dans ta vie?

E : C'est ma main droite. Ma main gauche c'est les gens que j'aime.

FC : Comment organises-tu tes murs? Tu fais des croquis ou tu es plus freestyle?

E : Je suis très méthodique. Je n'aime pas improviser car j'apprends chaque jour, c'est pourquoi je préfère ne pas avoir d'excuses pour ne pas faire la bonne chose.

J'aime aller peinture avec toutes les couleurs et l'esquisse, puis toujours que je peux changer de petites choses. La chose la plus importante pour moi est d'améliorer et de profiter de la peinture.

Eme à l'œuvre (Ibiza, Espagne - 2011)

FC : Comment choisis-tu tes couleurs?

E : J'aime utiliser de nombreuses variétés de couleurs, jouer sur deux echelle de couleurs, s'appuyer sur des demi-tons. C'est cool et ça coûte moins cher en peinture.

FC : Tes lettrages sont plus proches de la typographie traditionnelle que du Wild Style ou Throwups. Le graffiti classique t'ennuie?

E : Non pas du tout, j'adore le graffiti classique, mais pour moi la lisibilité du message est primordiale, je veux exprimer un message. Je modifie un lettrage, un choix de typographie selon le message et les sentiments qu'il projette. L'important c'est le sens, le message ressenti. J'aime la typographie traditionnelle à la main et la calligraphie, et je pense que c'est un bon défi de tenter de la maitriser, c'est comme les mathématiques.

El guisante que soñaba con ser princesa (Castillo de la Araña, Espagne - 2011)

FC : Même chose pour tes murs, ils sont plus proches de l'illustration graphique que du graffiti. Peux-tu expliquer ton processus de création?

E : Je dessine tout le temps. Parfois, une idée ou un sentiment me vient à l'esprit et j'essaie de l'illustrer en utilisant un discours simple. C'est tout. Je veux seulement transmettre des sentiments ou des conclusions simples que tout le monde pourrait ressentir ou penser.

FC : Quelle est la réaction que tu veux évoquer chez les gens?

E : Je ne sais pas ... Peut-être que les gens puissent partager ce sentiment.

FC : Quelles sont tes sources d'inspiration?

E : L'amour, la peur et tous les petit moments de la vie quotidienne.

FC : Un son que tu écoutes en peignant?

E : J'ai l'habitude d'aller peindre dans des friches abandonnées, j'aime bien l'univers l'atmosphère,les bruit et le silence, donc je n'écoute pas de musique en peignant.

FC : Ta meilleure expérience dans le graffiti?

E : Mes meilleures expériences sont des murs à 'étranger grâce aux rencontres. Mon mur préféré c'est "Le Silence".

"Le Silence" (Strasbourg, France)

FC : Quelle est pour toi le plus belle reconnaissance?

E : Je ne sais pas, surement que ma famille et mes amis soient fiers de moi.

FC : Des projets futurs?

E : En ce moment je suis très occupée... Depuis que j'ai déménagé à Barcelone en octobre, je n'ai pas pu peindre comme je le voulais.
Le 9 juin, je vais participer à une exposition collective à la galerie Carhartt en Allemagne. J'y exposerais des sketches de mes futures peintures. IL y a de fortes chances que je participe à des festival de street art cet été. Pour résumer, mes projets futures c'est de la peinture et encore de la peinture!

FC : Dédicaces ?

E : Merci à Tous!

FC : Merci Eme!

Plus sur Eme : Facebook - Flickr - Behance

"No more Tears : The crying onion" (2011)


"Game Over" (Barcelone, Espagne)


Eme en action


"Try Again" (Carthagène, Espagne - 2001)


"Nadie" (Murcie, Carthagène)


Souces : C215 (Cover) & Eme

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