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Interview de Mobstr

       

Par Anissa |  Publié le Lundi 15 Juillet 2013.

Une idée + un mur = Mobstr ou l'art de manifester sa pensée!

FatCap : Que signifie "mobstr" ?

Mobstr : La signification de « mobstr » est un peu profonde. C’est venu pour 3 raisons, dont une que je n’expliquerai pas.

Il s'agit d'un jeu sur le terme truand « mobster » qui désigne celui qui pratique le crime organisé. La plupart de mon travail est illégal mais cela passe par beaucoup d'organisation. Donc, comme une blague, j’utiliser l'idée d’organisé un (art) crime. La différence entre mon travail illégal et celui d'un vrai truand, est que le mien consiste à peindre sur les murs sans autorisation et en ne faisant pas partie d'un gang de crime organisé. Le nom provient également du fait que j’avais un homard en animal de compagnie appelé « mobster ».

FC : Qui es-tu ? Et d’où viens-tu ?

M : Je ne peux pas entrer dans les détails pour dire qui je suis et d'où je viens. Tout ce que je dirai, c'est que Mobstr est né à Newcastle.

FC : Quelle est ta relation avec le graffiti et le street art ? 

M : J’aimerais dire que c'est une grande histoire d’amour, mais je pense qu'il serait plus juste d'appeler cela une obsession.






FC : De quelle manière es-tu venu au street-art ?

M : Subversion. Cela a toujours été dans ma nature de tordre et de remettre en cause ce qui m'entoure. Quand j'ai découvert le potentiel du graffiti dans ce domaine, c'est rapidement devenu un centre d’intérêt pour moi.

FC : Comment définirais-tu ton style ?

M : Minimaliste. J'aime l'idée de faire un grand impact avec très peu. Cela signifie également que tu peux produire beaucoup de choses en très peu de temps. Quand le temps est l'un des plus grands facteurs qui vous limite, c’est une qualité très importante dans le processus.

FC : Comment procède-tu pour couvrir un mur ?

M : Parfois, l'idée vient à cause du mur. Parfois, j'ai une idée et je trouve un mur pour l'adapter.

FC : Sais-tu comment les gens réagissent face à ton art ?

M : Je pense que certaines personnes apprécient et certaines n'aiment pas. Comme pour tout.

FC : Tu analyse la société et la plupart du temps, tes "messages" sont ironiques, ça nous fait sourire et réfléchir. Qu'est-ce que tu souhaites exprimer grâce au street-art ?

M : Je suppose que pour dire les choses simplement je souhaite juste divertir les gens. Je ne cherche pas à changer le monde ou quelque chose comme ça. Nos milieux urbains ont beaucoup de potentiel visuel. Je suis intéressé à changer ces vieilles rues en quelque chose de différent.






FC : "UN MUR + UNE PENSÉE = une œuvre d'art" c’est ton credo ?

M : Pour cette pièce en particulier, oui. Il s'agit d'une pensée et c'est un mur et c’est une œuvre d'art. L’auto-proclamation d’une prophétie en quelque sorte...

FC : Est-ce que tu essaies de convaincre que les gens peuvent changer en s’exprimant ?

M : Pas vraiment. Je m'amuse seulement. Je ne prends pas ce que je fais trop au sérieux, mais il ne faut pas se tromper : il y a une passion énorme derrière ça. Je crois vraiment qu’on ne doit jamais croire absolument en rien.

FC : "Parler sans penser c’est tirer sans viser". Es-tu d'accord ?

M : Oui, mais là encore, si tu tires sans viser tu peux frapper quelque chose de super. Haha. Il suffit de dire beaucoup de conneries et éventuellement quelque chose de génie finira par sortir. (Blague)

FC : Ha ha ! Lorsque tu as terminé un mur, qu’est-ce que tu penses ?

M : Je suis content et puis je me demande quelle sera la prochaine chose à peindre.

FC : Quelle est ta vision du graffiti et du street-art à Londres ? A-t-elle changée depuis la gloire de Banksy ?

M : Je n'ai pas sérieusement peint à Londres depuis les deux dernières années, mais je suis venu vivre ici pendant un court instant il y a une dizaine d'années. J'ai peint un peu à l'époque. Les choses semblent vraiment différentes, mais peut-être que j'ai été pris dans l'excitation d'être dans une nouvelle ville en plein essor avec l'art que j'aime. Je pense que depuis que Banksy a reçu sa reconnaissance, les gens de tous les horizons de la vie tentent de sauter sur le train en marche du graffiti et du street-art maintenant que c’est reconnu comme étant « cool » .








FC : Y a-t-il une société secrète de street-artistes à Londres ?

M : S'il y a une société secrète, je n'ai pas encore été invité.

FC : Si tu étais un grand écrivain, qui serais-tu ?

M : Putain ! Quelle question difficile. Je peux juste répondre en te disant qui je voudrais être. Peut-être Hunter S. Thompson parce qu'il était incroyablement brillant et brillamment fou. Ça ou Audous Huxley parce qu'il avait une telle maîtrise de la langue anglaise et il est mort alors qu’il trippait aux acides.

FC : Quelle est ta citation préférée ? 

M : Ça veut rien dire, tu peux prendre des vitamines le matin et te tuer dans l'après-midi.

FC : Et celle que tu n’as pas encore mise sur un mur ?

M : Je ne le révélerais jamais ! 

FC : Merci Mobstr !


Mobstr sur : FatCap

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