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Enfant de guerre

       

Par Vincent Morgan |  Publié le Vendredi 4 Mars 2011.

Retour sur une fresque en l'honneur des enfants de la guerre. L'évènement "Stop Enfants Soldats" organisé par l'association Univerbal mélangeait concerts, échanges et graffiti.

 

 

 

 

C’est à l’initiative de Pearl, jeune graffeuse membre de l'association UNIVERBAL, qu’une équipe d’une vingtaine de graffiti-artistes s’est réunie devant le mur de la rue des Pyrénées à Paris et un binôme à Montpellier pour la cause des Enfants Soldats, dont la journée internationale a lieu chaque année le 12 février. Pour cette édition 2011, Fatcap et le magazine Graff’It ont accepté de soutenir et de diffuser l’action d’UNIVERBAL, un collectif ayant vocation à sensibiliser le public sur les atrocités commises sur les mineurs et mobilisant chaque année des artistes de tous bords autour d’événements graffiti et de concerts en soutien de la cause.

 

     


Le rouge, couleur du sang, était l’une des couleurs dominantes avec le vert, couleur de la guerre…

     

Une extension de la fresque à Montpellier avec Lady Sonp et Honck.

 


Lady Sonp

Honck & Lady Sonp

 

     

300 Enfants Soldats, une typo qui percute en début de mur, par Raph

Kamikazes, chair à canon, esclaves, l'ONU estime à 300.000 le nombre d'enfants soldats actuellement en activité. Ils sont principalement exploités lors des guerres civiles ou par des groupes criminels paramilitaires.

 

Jenk

 


Dja’louz


Il y a quelque chose de symbolique à vouloir défendre des victimes de guerre avec des bombes, surtout quand on parle de « mineurs ». Mais quand l’aérosol est au garde à vous et les masques relaient contre toute attente le souffle d’enfants, il n’y a d’explosion que celle des couleurs et de combat que celui porté par l’espoir d’éradiquer ces crimes et ces souffrances.

 

 

 

Elfa a choisi de montrer l’innocence d’un nouveau-né dans les bras de sa mère, une image de tendresse qui contraste avec la dureté des représentations d’enfants désarmés jusqu’aux dents sur la fresque. Djuk s’est calé également sur la fresque sous Gustav le lendemain.

 


Images « Choq » du regard d’un jeune noir en route pour l’abattoir…par Choq.

 

 


Gustav reporte sur le mur des paroles de la chanson de Daniel Balavoine, «Petit homme mort au combat»  (Étendu, noyé de poussière, un enfant fixe le néant. Dans son dos, mouillé de sueur, on peut voir qu'il n'a pas eu le temps de comprendre d'où venait la douleur qui brise ses tympans).

 

 


Ici, une petite fille se prête au jeu de la pose devant un décor de Caligr. Le jeune sniper peint par Dja'louz vise ceux qui le shootent avec leurs appareils photos.

 


Il est bon que l’enfant favorisé par la paix qui règne dans son pays sache que, quelque part, pendant qu’il joue à la guerre à coup de consoles et de manettes, d’autres que lui n’ont pas la chance d’appuyer sur le bouton « off » pour partir jouer avec les copains et n’ont pour seule amie qu’une gâchette.

 



Dja’louz et Rem

 

Une dure réalité que les artistes présents ont su rendre avec talent sur ce terrain urbain déjà bien connu du 20ème arrondissement de Paris qui attire les riverains du dimanche, transformant une fois de plus la rue des Pyrénées en un terrain miné de couleurs, avec ici une dizaine de lettrages et presque autant de personnages.

 

 

 

 


C’est le vert qui prédomine en début de fresque avec Pesca, Jenk et Resh avec un rappel de Sake tout au bout.

 

 

 

 

 

 


Dey pose FREEDOM, surmonté d’un lettrage d’AMOUR, Esper représente les HEC (avec Dey, Raph, Gustav et Korny) et la ZULU NATION, Iwo une grande faucheuse qui tire les ficelles et Native finit la fresque en beauté dans une effusion de chair et de sang au travers de ce personnage d'écorché qu'on lui connaît bien. Une main sortie du bitume semble avoir écrit en lettres de sang : "This one etched in stone, the chisel ripped the paper up" . Tentative de traduction : celle-ci gravée dans la pierre, le ciseau a déchiré le papier - "chisel - paper - stone", peut être une pertinente allusion au chifoumi, ce jeu auquel les enfants jouent dans la cour de récré et où la pierre écrase le ciseau qui coupe le papier...!.

 


Native a même poussé le détail jusqu’à peindre un petit panneau accroché au mur qui rappelle une trousse de secours de la Croix Rouge. Univerbal / Unicef même combat !

 

 

Astro est venu poser son fin lettrage tout en pleins et déliés bien caractéristique.

 

 

Pearl et Rensone, a composé son personnage massif fétiche et sans tête tout rempli de lettres.

 

 

Raph a largement contribué à peaufiner les éléments de décor du fond et signe un mur en trompe l’œil agrémenté de végétation.

 

 


Ici on voit Korny prêter main forte à Dey et Pearl.


     

 

Le résultat est une vraie réussite, compte tenu du froid, du temps imparti, de la préparation sommaire et des impondérables; certains sont revenus le lendemain pour peaufiner. Un grand merci à Benoît pour son aide à réaliser ce montage fait à partir de mes photos. L'occasion de mettre en lien son site de photographie qui vaut le coup d'oeil.

 

On ne peut que saluer une belle initiative de la part du collectif UNIVERBAL pour sa mobilisation chaque année pour une cause vitale autour d'activités artistiques. Ce n'est peut-être qu'une goutte d'eau, qu'une petite pression sur un cap, qu'un coup de rouleau sur un mur, diront certains. C'est en multipliant ces actions auprès des consciences endormies et en donnant à voir des images choc que l'on peut montrer de quoi l'être humain est capable. Mais il est aussi capable de donner de son temps libre, de sa peinture, de son talent et de sa bonne humeur, ce que l'équipe de graffeurs venue peindre dans le froid ce dimanche 13 février 2011 a prouvé avec brio.

Texte et photos : Chrixcel, photos complémentaires Brin d'Amour.

Blog de Chrixcel

Site de l'association Univerbal.

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