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crash a paris

       

Par Sophia Fatcap |  Publié le Mardi 12 Avril 2011.

"Paintings with a hidden agenda" est l'exposition de CRASH à Paris. Nous nous sommes rendus au vernissage et on vous rapporte une vidéo exclusive pour vous mettre dans l’ambiance.

---> Visionnez la vidéo sur la FatCap TV

Tin Machine 4 - John Crash Matos - Photographie: Addict galerie

Crash fait partie de cette génération de graffeurs de New York qui se sont retrouvés autour de Fashion Moda. Comme l’explique Stephane Eins*, « l’exposition « GAS », organisée par CRASH et NOC167 en octobre 1980, et les expositions suivantes à Fashion Moda ont construit le pont menant au monde de l’art. » Ce pont, CRASH l’a franchi après 5 années passées à graffer sur les trains de New York. « On vieillit et cela devient de plus en plus difficile (…). (Le vandal), c’est pour les adolescents téméraires. »

Krash UNF - 1978 - Photographie: Addict galerie

Selon lui, Il fallait encore plus de courage pour affronter le monde de l’art conventionnel. « Les gens me prenaient de haut à cause de l’aspect ‘non-intellectualisé’ de mon travail », déplore-t-il. Loin de le décourager, cela le motive à faire mieux que les autres. « Là où un artiste non-graffeur faisait 15 toiles, je devais en faire 25 juste pour me prouver à moi-même que j’en étais capable. », se souvient-il. « Fashion Moda a signifié la fin de l’art moderne. Le graffiti a conquis le monde de l’art et les dogmes esthétiques ont été anéantis », juge Stéphane Eins. Ces premières expositions dans le Bronx attirent l’attention des galeries de Manhattan ; puis très vite du reste des Etats-Unis et de l’Europe. Crash débute alors une carrière artistique d’une régularité exceptionnelle. Il se réjouit encore aujourd’hui d’« avoir autant de succès » et « de pouvoir faire des expositions personnelles quasiment tous les ans ».

Depuis quelques années, il travaille avec la galerie ADDICT. Si pour Laetitia Hecht, propriétaire de la galerie, exposer CRASH était « une évidence », pour CRASH c’est l’approche de la galeriste qui l’a séduit. Lorsqu’elle vient le rencontrer à New York, il aime « sa manière de voir (s)on travail » et « sa volonté d’établir une relation de long-terme, au-delà d’une seule exposition ». Pour Paintings with a hidden agenda, il a pris les choses « au sérieux ». Ses peintures ont « atteint un niveau en terme de coloration et une énergie » dont il est « très satisfait ».

Untitled - John Crash Matos - Photographie Addict galerie

Untitled 6 - John Crash Matos - Photogaphie: Addict galerie

Untitled Diptych - John Crash Matos - Photographie: Addict galerie

 

Synthèse entre pop-art et graffiti. Ce sont les mots qui reviennent systématiquement lorsqu’on parle du travail de Crash. L’artiste ne renie pas cette double filiation : « Bien que je me rapproche de l’imaginaire pop-art que j’apprécie énormément, mon travail est toujours basé sur le graffiti » précise-t-il. Les couleurs pétillantes, dénominateur commun de ces deux mouvements artistiques caractérise bien les œuvres du graffeur. Pour Laetitia Hecht, c’est un « grand coloriste », avec un « travail très précis, très construit ». Un peu plus critique sur certaines expériences passées du graffeur, Dominique Gallizia considère que cette exposition constitue pour Crash « un retour sur lui-même ». Avec des couleurs « moins criardes, mieux maitrisées ».

C’est peut-être ce pont posé entre le graffiti et le pop-art qui a ouvert la porte d’une collaboration avec la maison TUMI. On pense à Murakami revisitant les sacs Vuitton. Crash a, quant à lui, décoré quatre modèles de bagages dans une ligne intitulée Tumi-Tag et  disponible depuis le mois de mars. Il y a aussi eu la customisation de plusieurs guitares pour Eric Clapton. Dont une baptisée Crash-3 par le rocker.

Group painting 1 - John Crash Matos - Photographie: Addict galerie

Plus que jamais, le graffeur du Bronx est partout. Présentée à la dernière vente Artcurial, une de ses toiles de 1983, The car, s’est vendue à 11000€. Aux côtés de Blade, Dondi et Keith Haring, il fait partie des artistes sélectionnés par le MOCA de Los Angeles pour la très attendue rétrospective Art in the streets. Celle-ci ambitionne de regrouper « les 50 artistes les plus dynamiques » du mouvement.  Enfin, il est présent dans toutes les grandes collections d’art contemporain, du Brooklyn Museum of Art (U.S.A.) au Groniger Museum (Hollande).

Graffeur un jour, graffeur toujours. Alors que le graffiti vandal ne représente qu’une courte période de sa vie, les médias grands publics ont souvent du mal à classer l’artiste et le renvoie systématiquement à ces premières heures dans le métro new-yorkais. Mais cela ne le dérange pas, il est « fier de ce qu’(il) a fait dans les trains car c’est là qu’(il) a appri(t) à peindre ». Pour ce qui est de ses expositions, il souhaite qu’on le juge sur son travail. Alors comme dirait l'autre, à vous de juger.

Texte: Sophia Aït Kaci

Vidéo: Yann Rineau et Sophia Aït Kaci

Informations pratiques

Exposition John "Crash" Matos

du 25 Mars au 6 Mai 2011
Mardi - Samedi 11:00 - 19:00

galerie Addict - 14/16 rue de Thorigny - Paris

Pour aller plus loin

galerie Addict

Site Crash

Interview de Crash à propos des guitares Crash-3

Vidéo promotionnelle Tumi avec Crash

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