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BMO Creation

       

Par Vincent Morgan |  Publié le Vendredi 7 Mars 2014.

Le street art, c'est atypique. Vous dire que ces artistes sont originaux serait donc banal. À ce jeu, il faut tirer son épingle. BMO relève le défi...

Article par Wessame Benahcene.


 

... Rafraîchissant et vivifiant : FatCap a pris un bain très coloré. Les journalistes de la rédaction ont pu suivre et participer en exclusivité aux manifestations secrètes des artistes. Immersion totale dans un monde où le no limit est roi.


Ils sont indénombrables. Ils sont jeunes. Ils sont âgés. Ils ont diverses origines. Mais n'ont pas d'identité, si ce n'est celle d'un collectif soudé. Le crew réunit des personnes de talent. Mais ce n'est pas uniquement en cela que celui ci se démarque. Une idée les rend uniques. Là où certains posent leurs marques sur une toile ou un mur, BMO revisite le body painting et l'immortalise par un travail photographique de qualité. The place to be ? N'importe où. Pas de limites, on le rappelle. Lieux désaffectés, parkings souterrains, catacombes et transports en commun sont le berceau de créations éphémères et rendues permanentes grâce aux photographes.


 


 


 


 


BMO, c'est l’abréviation de Behind My Objective. Tout est dit. Besoin d'une traduction tout de même ? Ceci est une invitation. A qui veut voir derrière l’objectif de l’appareil, le groupe le lui montre. L’objectif n’est il pas autre ? Au-delà de l’expression artistique générant une image immortalisant la performance, les artistes expriment le but même de leur art. Objectif a un double sens, donc. Les artistes ne sont néanmoins pas des effrontés, le leader du groupe (dont l’identité restera secrète) le dit lui-même : « Je ne suis pas révolutionnaire, je ne suis pas là pour critiquer. On fait juste ce qu’on veut, quand on veut, où on veut. » Franchir les limites procure l'adrénaline dont les artistes ont presque besoin pour justifier leur art. Voilà leur objectif ! Une pratique non sans risques. Nous y viendrons.


 


 


Les artistes dépassent aussi les frontières. Ils voyagent beaucoup. Israël, Palestine, Grèce, […]. Leur volonté de s’étendre n’est pas moindre. Il règne une grande solidarité dans ce groupe uni. C’est grâce à celle-ci qu’ils trouvent hospitalité, précieux conseils et indications pour créer de nouvelles œuvres dans des lieux uniques. Excitant !


 


 


Concrètement, ça donne quoi ? Un lieu de shooting tenu secret et dévoilé quelques heures avant. De la peinture (plein de peinture et de toutes les couleurs !). Des filles (et des garçons parfois !). Des photos. Chaque équipe est différente. À chaque manifestation artistique on compte néanmoins en général un peintre, un photographe, des modèles (trois au maximum), et un guetteur.


 


 


 


On se croirait dans un film mais oui, il faut un guetteur parce que le groupe dépasse les limites du légal. Nous y venons ! Sur le terrain, les artistes s'imposent une seule contrainte : prendre du plaisir. Autant dire que la souffrance est douce. L'enfer n'existe pas dans leur monde coloré. L'enfer, ce sont les autorités. Leur art dérange spécialement la SNCF et la RATP, qui les traquent sans fin, considérant que leur expression comme une dégradation des transports en commun. Le leader du collectif a ainsi écopé de 6 mois de prison avec sursis. Mais après tout, Banksy aussi est considéré comme un criminel !


 


Le pinceau n'est pas de rigueur. Dans certaines coutumes, on mangent avec les mains. Les artistes peignent avec leurs doigts. Ou plutôt giclent la peinture. Selon le thème ou le lieu choisi, la peinture est déversée de façon vive ou minutieuse. Cela dépend du résultat escompté, de l’objectif fixé. Ceci est l’étape 1. Les manifestations durent entre 10 et 15 minutes. Elles peuvent s’étendre à une journée entière lorsque le lieu est désaffecté donc sans surveillance.



 


L’étape 2 se situe en post prod. Le collectif a un credo : no limit, d’accord. Mais surtout : no retouches. Les photos réalisées sont entièrement brutes. Les effets sont générés sur place grâce à un jeu de lumières. Autant vous dire que les mannequins choisis sont de super bombes qu’on n’a pas besoin de photoshoper. Voilà une nouvelle concurrence pour Vogue. On ne s’autorise  en guise de retouche que le recadrage et le noir et blanc ou le sépia.


 


 


L’étape 3 fait rêver le collectif et a pour but de faire rêver leur public. Se promouvoir sur un site et surtout : se diffuser ! Le collectif mettra bientôt en place un site Internet avec l’ouverture d’un espace vente où divers goodies seront disponibles. Le site contiendra aussi une galerie d’art où les internautes pourront découvrir ou redécouvrir l’univers de BMO Creations. En attendant, l’équipe de FatCap vous laisse apprécier des photographies encore jamais dévoilées pour certaines. 



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