Interviews

Interview d'Ernest Zacharevic

       

Par Anissa |  Publié le Lundi 8 Juillet 2013.

Artiste lituanien, Ernest Zacharevic "Zach" cultive un art "participatif". Il nous explique son travail...

Remarqué lors du festival George Town, Ernest Zacharevic invitait les malaisiens à se mettre en action avec ses œuvres murales le temps d'immortaliser l'instant.


(George Town, 2012)






FatCap : D’où viens-tu ? Quel est ton parcours artistique ?

Zach : Je suis originaire de Vilnius, en Lituanie, où j'ai fréquenté une école d'art depuis que j'ai 12 ans. Ensuite j'ai déménagé à Londres et j’ai obtenu un BA (Hons) de l'Université de Middlesex.

Maintenant, je passe beaucoup de temps en Asie, c’est une grande source d'inspiration pour mon corps de travail actuel.

FC : Comment as-tu découvert le street-art ? Pourquoi le street-art ?

Z : En tant qu'artiste  formé de manière classique, je préfère généralement travailler en studio et le street-art est une extension naturelle de cela. La grande différence pour moi c’est l’exposition et l'interaction. Le street-art devient une partie organique d'un paysage et il est vu par des gens qui n'iraient jamais dans des galeries d'art ou des musées. J'aime le fait que le street-art est de loin la partie la moins élitiste de l'art. Les choses peuvent changer rapidement avec les galeries qui s'intéressent au street-art et le fait que ça se vend bien, mais pour l'instant c’est beaucoup de plaisir.

FC : Que penses-tu du graffiti ? Utilise-tu des bombes ?

Z : Pour moi le graffiti c’est là où tout a commencé. À quinze ans, courir dans les rues et tagger la nuit... ce n’est plus approprié maintenant, mais je ne serais pas où je suis aujourd'hui si je n'avais pas fait ça quand j'étais gamin. Il s'agit d'une culture de rue étroitement liée à la musique et à un style de vie. Ce n'est pas plus sur l'art, mais plus sur le moyen macho d'expression et le frisson du danger. Le graff peut en quelque sorte devenir un symbole pour tout cela. Le street-art a l'approche et des objectifs différents, mais il n'aurait jamais vu le jour sans que le graffiti brûle le sol d’abord. J'utilise des bombes seulement quand une idée particulière l’exige. Mon souci est un contenu plutôt qu’un moyen. La plupart de mon travail de rue se fait avec un pinceau, de la même façon que je travaillerais dans un studio. C'était un défi de trouver une bonne douleur pour elle, mais maintenant une collaboration se fait avec la société australienne de peinture Murobond. Cette année, nous sortons une ligne de peintures à base d'eau spécialement conçus pour l'art mural et le street-art.

FC : Les gens peuvent participer à ton travail. Comment procèdes-tu pour tes créations ?

Z : Je préfère toujours travailler seul. J'aime prendre le temps de penser à mon travail dans le détail. Je fais faire participer les gens parfois, mais c’est généralement mes amis proches qui peuvent vraiment comprendre les sens et mes objectifs.


(Kuala Lumpur, 2013)



(George Town, 2012)


(Petaling Jaya, 2012)


(George Town, 2012)


FC : Comment veux-tu que les gens réagissent face à tes création ?

Z : Je suis heureux même si mon œuvre ne provoque aucune réaction. Certains pourraient aimer certains ne se sentent pas concernés. Si elle prend vos pensées, hors de l'ordinaire, même pour une seconde mon objectif est atteint.

FC : En Malaisie, il y avait une réelle interaction avec les habitants. Comment analyses-tu ce résultat ?

Z : Les artistes qui disent qu'ils ne se soucient pas de leur public ne sont pas tout à fait honnête, parce œuvre d'art est toujours une communication et si elle est n'atteint pas son objectif, beaucoup de sens est perdu. Cependant, je ne m’attendais pas au succès que le projet Penang a obtenu. Tout le monde est devenu tellement passionné par le sujet et maintenant il fait partie du sentier touristique de Penang. Il y a des souvenirs avec mon travail vendus partout dans la ville, vous pouvez trouver des cartes pour localiser les endroits de mon travail à l'aéroport etc. Je n'ai plus aucun contrôle maintenant. C'est un peu drôle, mais je suis heureux que mes œuvres vivent leurs vies indépendantes.

FC : Ton travail relie le réel et la fiction, un objet et un tableau... Qu'est-ce que tu essayes de transmettre à ton art ?

Z : L'animation est une grande passion de ma vie. Le terme vient du mot latin « animare » qui signifie « donner la vie » ou « à encourager ». Ça m'a toujours inspiré pour expérimenter et avec les années, c’est devenu un noyau même de mon travail.


(Bruxelles, 2012)


(Bruxelles, 2012)



(George Town, 2012)


(Kuala Lumpur, 2013)



FC : Selon toi, à qui appartient la rue ?

Z : Celui qui la vole en premier.

FC : Y a-t-il un artiste dont tu admires le travail ?

Z : Il y a de nombreux artistes et le niveau de leur impact sur mon travail est en constante évolution donc je n'ai jamais osé en citer un.

FC : Si je te dis Banksy, tu me dis... ?

Z : Hanksy !

FC : C’est comment le street-art et le graffiti en Lituanie ?

Z : C'est une scène très active avec des personnes véritablement inspirantes. Il n'a pas encore été gâché par son potentiel commercial, donc l'art est très honnête et audacieux.

FC : Quel est ton objectif final ?

Z : Survivre à l'apocalypse et repeupler la terre !

FC : Merci à toi Zach !





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