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street art bresilien

       

Par Vincent Morgan |  Publié le Vendredi 18 Décembre 2009.

Longtemps en marge des circuits artistiques traditionnels, le Street Art paulistano fait son entrée au musée par la grande porte.

Au Brésil comme ailleurs, on est rarement prophète en son pays. Si depuis une quinzaine d’années, les frères Otavio et Gustavo Pandolfo, plus connus de la scène graffiti comme Os Gemeos (les jumeaux), marquent inlassablement la capitale paulistana de leur empreinte, c’est leurs prestations à l’étranger (notamment en août 2008 sur la façade même du Tate, le célèbre musée d’art londonien), qui leur vaut de se voir proposer leur première exposition dans leur ville natale dans les prestigieux locaux du Musée d’Art Brésilien  de la Fondation Armando Alvares Penteado (MAB-FAASP).


Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître puisque dès le premier week-end, c’est une file kilométrique qui fait le tour de l’enceinte du MAB-FAASP. Au compteur, 7.000 visiteurs se sont précipités pour découvrir l’œuvre des graffiteiros paulistas.

 

bresil street art

 

D’entrée, on est aspiré par le damier bicolore en fond et les personnages jaunes dégingandés qui lévitent au milieu d’objets animés. Légère sensation de vertige. On était pourtant prévenu : l’exposition ne se nomme-t-elle pas Vertigem ?

 

Il y a définitivement quelque chose de Tim Burton et d’Hayao Miyazaki dans l’univers onirique des jumeaux Pandolfo. La comparaison s’arrête cependant là avec le réalisateur américain et le mangaka japonais car dans la chronique sociale qu’on devine sous les dehors ludiques, c’est bien du Brésil dont il s’agit. La prouesse du duo réside peut-être là, avoir réussi à transposer leur univers qui s’accommode d’habitude si bien du chaos urbain dans l’enceinte fermée du très solennel musée d’art contemporain sans le trahir ni le galvauder.

 

bresil expo

 

Faire durer l’éphémère

Si le FAAB-MASP a pris une longueur d’avance en programmant Os Gemeos dès la fin du mois d’octobre, le vrai tournant historique pour le street art et l’art brésilien en général est probablement l’exposition « De dentro para fora/De Fora para dentro » qui a débuté au Musée d’Art de São Paulo (MASP), une des cartes postales de la ville.

 

En titrant : « O muro caiu » (le mur est tombé) à la une de leur guide culturel, O Estadão de São Paulo  ne dit pas autre chose. Imaginez, pendant quinze jours, le musée a laissé six figures du street art brésilien donner libre cours à leur imagination sur les murs du « hall civico » et de sa mezzanine ; les mêmes murs qui par le passé ont vu défiler les œuvres des maîtres Monet, Dali et Piccasso, pour ne citer qu’eux. Des artistes qui d’habitude doivent travailler dans l’urgence et dont les compositions résistent rarement aux coups de peinture de la municipalité, voient leurs œuvres évoluer ici dans la durée.

 

De cette victoire sur l’éphémère sont nées une centaine d’œuvres aux styles très éclectiques où se ressent fortement l’influence des cultures hip-hop, skate et punk. Des fresques murales évidemment, mais aussi des toiles de différentes échelles, des collages, des photos, des vidéos montrent toute l’étendue et la vitalité de cet art venu de la rue. Cette exposition a aussi le mérite d’attirer un public plus jeune au MASP et de faire découvrir aux visiteurs habituels une facette encore méconnue de l’art contemporain brésilien.


Enfin, pour ceux qui voudraient retrouver un peu de ces nouvelles couleurs dans leur intérieur, qu’ils ne se ruent pas sur les bombes de peinture mais se rendent plutôt à la galerie Choque Cultural, à Vila Madalena, où ils pourront retrouver les toiles des dernières étoiles du street art brésilien.

 

Walid Rachedi

 

Le blog de Walid

 

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