Author: karim
Date: 12-05-05 09:21
Avant l'arrivé du site, et d'un ouvrage d'histoire, pour faire tuer le temps, voilà un avant gout...
Bonne lecture...
Hiver 2000.
Un matin Dimanche matin très tôt, 7 heures peut être, Place de la République, trois p'tits bonhommes se sont donné rendez vous. C'est un hiver de Ramadan, il fait froid, le ciel est gris... Ils ont décidé de taper la 8. Ils n'ont pas dormit de la nuit, mais c'est pas grave, ils ont quand même décider de taper la 8...
Les trois compères pénètrent sur le quai chaud de la station. Attendent, qu'il n'y ait plus personne, camoufle leur visage pour la caméra qui en a déjà balancé plus d'un, puis se faufile derrière un métro s'enfonçant dans le tunnel.
Une soixantaine de mètres plus loin, deux rames côte à côte sommeillent les portes ouvertes.
Rodage... Personne...
Projet du jour, faire un « Prince de la ville ». Trois fois qu'ils essaient, trois fois qu'ils échouent. Le destin peut être...
Deux peignent entre les wagons pour faire le lettrage en panel, le troisième peint de wagon à wagon portes ouverte, pour faire un perso en bottom. Un roi avec un sceptre. Le tout relié par un fond commun et des barbelés...
Toutes les cinq à dix minutes, des rames rentrent en station. Silence. Ils s'arrêtent de peindre. Guette qui en sort, puis reprenne...
Premier, deuxiéme passage, ils tracent.
Troisième passage, ils sortent les fat.
Beaucoup de vapeurs de bombes, dans le tunnel ça sent...
Au sixième passage, une silhouette sort de la rame, puis s'assoit sur le quai.
De leur place, ils ne distinguent pas vraiment qui ça peut être, à l'attitude on dirait un vagabond. Ils reprennent...
Septième passage. Rien. Et l'homme ne bouge pas...
Huitième passage, une rame entre en station en face d'eux. Largue quelques personnes déjà debout ce Dimanche matin, puis reprend lentement sa route.
Passe devant les graffitis, freine, puis s'immobilise péniblement à quelques mètres ! Tout le monde remballe.
« Sa mère, les vapeurs ou la caméra ! »
Nos trois bonhommes commencent à courir vers le quai. La silhouette se lève. Sur l'autre quai, une autre silhouette sombre apparaît. Pas de doute... Les forces du mal...
Nos trois amis rebroussent chemin. La suite s'annonce dure, la station suivante n'est pas à côté, et le métro qui a repris sa route entre temps a peut-être lâché des complices dans le tunnel.
Concept étrange, courir vite mais en gardant des forces pour courir encore plus vite s'il le faut. Rester groupé, et en deux-trois mots en courant, se mettre d'accord sur l'excuse en cas d'arrestation.
Imaginer le pire et mère de sûreté paraît-il. En attendant l'heure est à la fuite...
Après être revenu sur leurs pas et avoir dépassé les rames peintes, un dés leur dit qu'ils peuvent peut-être s'éclipser par la 9 qui bifurque juste avant l'entrée de la station. Problème, celle-ci est une dizaine de mètres en contre bas. Il faut sauter ou escalader en prenant le risque de se faire faucher par un métro qui passe en dessous... Les trois p'tits bonhommes regardent la hauteur... Non sans façon... Ils preferent continuer de courir...
La lumière des quais apparaît enfin. Le tunnel est en virage... Reste à savoir si d'autres sombre silhouettes ne les attendent pas ici non plus. C'est une grande station... Un PC de sécurité et un poste de police....
La roue est déjà lancée de toute façon. Choisir un quai, accélérer le pas, cagoulé son visage, et s'en remettre au destin pour le reste. C'est beau le Dimanche matin.
Suspens. Courir et attendre étape après étape. Débarquer sur le quai. Personne. En haut des marches. Personne. Passer devant le guichet. Personne. Sortir de la station. Personne.
Libre bande d'enfoiré!!!!
Se séparer.
|
|