Author: bamboo
Date: 11-07-03 17:43
Oui toi ki lis ce forum c'est pas pour rien, tu connais la valeur de D' !!!
j'en proffitte pour inaugurer le forum hip hopet faire partager un extrait d'un slamde D', moi le texte m'a retourné le crane, c'est dur mais bien construit et respect a lui pour tenter d'analyser aussi froidement les comportements humains les plus inconcevables...
"Une ampoule, une clarté obscure et sourde, yeux clos, je ne peux pas sentir que l'atmosphère est lourde. La bouche écarquillée, je contemple cette pièce exiguë dont je suis le prisonnier. L'éclairage sombre me brûle les lèvres, pour bientôt les assécher, les gercer, faire de moi un être atteint de cécité, convulsé par ses rêves.
Un goût fade mais amer se propage le long de mes doigts, puis sur mes membres qui se mettent à saliver, abondamment, cette fois j'en suis certain, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Je suis le surnombre, la foule est l'individu. La nuit est le jour. La peine, c'est la joie, la vie, c'est la mort. L'amour, c'est la haine, quand je ris, je saigne.
Dedans, c'est dehors. Le printemps c'est l'automne, le vide… est plein. La dignité, c'est la honte. (un temps)
C'est le chaos total, j'erre dans la confusion la plus opaque.
Mon premier meurtre, tout cela me rappelle mon premier meurtre.
(silence)
Quelque chose en moi me susurre que c'était un accident, que si j'ai frappé ma copine avec autant d'acharnement, c'est que j'étais inconscient du mal que je lui causais.
On m'a déclaré irresponsable, contrairement à ce qu'on peut croire, cela ne simplifie en rien le problème.
J'ai mal, là, dans, au fond de mon ventre, mais, ce n'est pas une douleur physique, c'est différent, comme si une bête me rongeait, me suçait mon jus, ma vitalité de l'intérieur. Cette bête est tapie, elle dort. Je n'ai pas peur de la mort, je n'ai pas peur de l'extrême douleur que peut occasionner la perte d'un être proche ou très proche, j'ai seulement peur que la bête qui sommeille en moi, dans la part la plus fragile de moi, se réveille.
C'est déjà arrivé, il y a longtemps maintenant. Ce jour là, j'ai complètement perdu les pédales, mon médecin n'était pas du tout content, je le comprends, mais, je continue de penser qu'on ne dévisage pas les gens dans la rue, quelles que soient les circonstances.
J'étais en train de causer à ce qui restait de ma copine, c'est à dire à peu près tout sauf ce qui va du coude à la main gauche… C'était à cause de cette petite machette de boucher, qui aurait pu croire qu'elle trancherait si facilement de la chair de femme infidèle ? Pas moi, je vous assure docteur, j'ai été le premier surpris, enfin… Le deuxième…
Et là, ce pauvre connard sur le trottoir d'en face, ce pauvre connard, ne trouve rien de mieux que de faire du scandale, et de me dévisager, ça m'a quelque peu déstabilisé, j'ai…
Paniqué… Franchement, un vrai petit massacre, une espèce de boucherie artisanale bien pensée, exécutée avec application. J'avoue, ce n'était pas forcément nécessaire mais avouez, à votre tour, qu'il s'en est plutôt bien sorti. Regardez, j'ai fait ce polaroïd de sa gueule, je l'ai toujours sur moi et aujourd'hui encore, j'hallucine sur le travail, j'suis un artiste, un artiste incontestablement incompris, mais un vrai artiste.
Arrêtez de me bassiner avec vos conneries, tous ces troubles n'ont rien à voir avec mon père ou aucun membre de ma famille. Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne pouvez même pas entendre à quel point nous sommes liés, c'est presque douloureux tellement nous sommes connectés. Quand il y a eu cette dispute, violente, entre papa et la petite, ça a affecté tout le monde, tant et si bien qu'on a décidé de ne pas intervenir, ils ont réglé eux-mêmes leur différend. Il avait l'air profond, le différend, ça a quand même duré près de 12 jours. C'était long, il faut reconnaître que l'harmonie n'était pas au rendez-vous durant cette période, on était tous tendus.
La petite, d'habitude si calme, si innocente, si sensible, la petite, elle était hors d'elle, je me demande…
Bref, on a toujours tous vécu dans 1 seule pièce, les travailleuses sociales trouvaient à y redire, mais nous, ça nous convenait… à tous !
Moi, je ne me rappelle pas trop de mon enfance, pas du tout en fait, je crois que c'était une enfance assez classique, ouais ! Je crois.
Sauf peut-être quand maman est morte, et qu'ils ont mis papa en prison parce qu'ils pensaient que c'était lui…
Papa aimait maman plus que tout au monde, ils avaient des disputes, comme n'importe qui, mais en général ça se passait bien.
En général, parce qu'une fois, ça a été un peu dur pour nous, les enfants, quand il a fait l'amour à maman de force sous nos yeux. C'est mon seul souvenir un peu triste, mais bon, 2 heures un peu difficiles dans une enfance sans vagues, c'est pas ça qui vous abat quand vous êtes un homme. Un vrai, pas une tapette, comme mon petit frère.
Non, franchement, on est une famille tout ce qu'il y a de plus unie et tranquille, faut pas nous faire chier, c'est tout. "
relis plusieurs fois si tu trouve ke c'est simpliste, et pose toi les questions kil s'est posé. moi je dis chapeau
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