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Interview du Knar

       

Par Marie |  Publié le Lundi 30 Janvier 2012.

Ses canards sillonnent majoritairement la ville de Lyon, des murs aux T-shirts, l'artiste Knar ne manque pas de ressources. Rencontre avec un pur passionné.

FC : Knar tu viens de Lyon, racontes nous tes débuts, comment as tu découvert le graffiti?
Tout bêtement un copain de collège revient de Paris avec une photo d’un graff de System et comme j’ai toujours aimé dessiner, je me suis mis à faire pareil. Très vite je me suis procuré tout l’attirail nécessaire pour la colorisation de mon quartier.

FC : Comment as tu trouvé ton nom, et pourquoi avoir choisi celui-ci ?

J’ai commencé par « Aem », c’étaient les seules lettres que j’arrivais plus ou moins à faire ! Et puis je me suis plus  tourné vers les "soper", vu que dans mon crew peu de personne en faisait. Depuis environ une dizaine d’années je me suis fait appeler Knar en rapport à mon personnage.

FC : Quel est ton crew si tu en as un ?

Je suis fondateur du DKR crew, actif depuis le début des années 90.

FC : Comment définirais-tu ton style ?

Un style ludique, fait d’aplats et de gros contours. Un visuel on ne peut plus simple mais efficace, sans aucunes connotations.

 

FC : Quelle place donnes-tu au graffiti dans ta vie ?

Du 24h/24, 7j/7.

FC : Qu’est-ce que te plaît dans le graffiti ?

Ce changement permanent de support, ce petit stress avant chaque sortie. Être dans sa bulle et surtout mettre de la couleur pour égayer ce monde austère.

FC : De quoi t’inspires tu en général?

De tout le mobilier urbain qui se trouve autours de moi, je me demande toujours ce que je pourrais en faire !

FC : Cite nous un artiste dont tu admires et respectes le travail

Je n’aime pas faire le lèche cul

FC : Tu peins des canards à chaque fois différents dans la ville, comment procèdes tu, est-ce que tu as tes petites habitudes ?

Je n’ai pas vraiment d’habitudes, souvent je ne fais pas d’esquisse, tout dépend de mon humeur du moment.

FC : Es-tu plus qualité ou quantité ?

Je suis quand même plus qualité, je pars du principe que même en vandale le rendu doit se rapprocher le plus à celui d’une toile. Mais il est vrai que j’aime bien occuper tout le terrain.

FC : Comment accordes tu tes couleurs ? Au feeling, par série ?
Au début, on accorde ses couleurs avec le matériel que l’on a, c’est à dire avec pas grand chose. Il m’a donc fallu une bonne dizaine d’années pour arriver à associer les couleurs. Heureusement pour moi j’ai maintenant tout le matèriel nécessaire et je peux coordonner mes couleurs sans problème.

FC : Tu peins depuis le début des années 90, as tu déjà connu une situation dangereuse en posant dans la rue?

J’ai découvert avec plaisir le grand confort des 309 de l’époque, et beaucoup de courses poursuites qui m’ont permis de m’entretenir physiquement. Bien sur nous n’oublierons  pas les passages à tabac. Tous ces évènements ne m’ont appris qu’une seule chose : sortir seul limite les risques.

FC : Hormis Lyon, connais tu une autre ville où il fait bon peindre ?

Quand tu te retrouves dans une autre ville, tu as cet effet bizarre que tout est free. Donc toutes les villes sont bonnes à peindre.

FC : Tu as parlé d’impact visuel en définissant ton travail, c’est ce que tu veux que cela provoque chez les gens ? Quelles réactions souhaites-tu déclencher ?

Dans une société où nous sommes sans arrêt martelés par les slogans à réflexion, je voulais aller à l’encontre de ce système. Créer un personnage limpide, facilement reconnaissable et qui donne le sourire.

FC : Quelle est ta meilleure expérience dans le graffiti ?

Toutes les rencontres humaines que je peux faire.

FC : Quels seraient pour toi le graffiti et le spot parfaits ?

Je suis un éternel insatisfait.

FC : Dans quelle direction voudrais tu faire évoluer ton style ?

Un autre personnage fétiche par exemple ?

Il a déjà beaucoup changé depuis mes débuts et je ne saurais dire quel virage il prendra. Même si en ce moment je m’intéresse de plus en plus au mobilier urbain.

FC : Donne-moi une liste de mots pour définir le graffiti selon toi

Juste de la couleur.

FC : Qu’est-ce qui fait pour toi qu’un graff est réussi ?

Quand il est beau a mes yeux !

FC : Quelle serait pour toi l’ultime reconnaissance ?

Je m’en fous.

FC: A qui appartient la rue selon toi ?

A nous.

 

FC : Tu as également peint sur toile et exposé en galerie. Comment était cette expérience ? T’as vision du graff a t-elle changé avec le temps ?

Bien sur comme tout le monde j’ai montré du doigt celui qui osait faire des toiles ! Puis les années sont passées, il y a eu une demande et comme il faut bien manger… ce n’est finalement qu’un autre support parmi tant d’autres.

FC : Comment définirais tu la société actuelle ? Dans sa nouvelle relation avec le mouvement graffiti et street art notamment.

Un système basé sur la peur, qui me débecte profondément et où toute liberté disparaît chaque jour. L’était n’approuvera jamais un mouvement qu’il ne peut pas contrôler et de surcroît qu’il ne comprend pas. Il tolère le street art car il a quelque part l’impression de contrôler ces artistes fougueux, à nous de leur montrer au quotidien qu’il ont tord.

FC : Comment vois-tu évoluer le mouvement dans les années qui viennent ?

Il a encore de beaux jours devant lui, la relève arrive de façon permanente, avec son style et ses nouvelles règles…

FC : La plupart des Lyonnais soutiennent des travaux, qu’est ce que cela provoque chez toi ?

Cela fait bien sûr plaisir, mais je ne m’attarde pas à ça. Je me fixe des objectifs et je fais tout pour les atteindre sans regarder ce qu’il se passe autours de moi.

FC : Il paraît même que la SNCF t’as demandé de peindre dans ses entrepôts en dehors de Lyon. Est-ce vrai? Vas-tu le faire?

C’est un grand pas dans la relation graffeurs / agents (de la SNCF, métro etc), qu’enpenses-tu?

Après avoir sévi sur leur domaine pendant des années, voilà que je travaille pour eux ! Ils ont leur vision du graffiti et nous le notre ! Mais l’expérience a été enrichissante.

FC : Tu travailles également sur ta marque de T-shirt, Birdy Brain. Peux tu nous en dire plus ?

La marque est sortie il y a un peu plus d’un an, et à ma grande stupéfaction ça a bien marché. La nouvelle collection qui est sortie début Octobre, Birdy Kids, sera plus tournée vers les enfants.

C’est vraiment beaucoup de travail, mais cela s’imprime dans ma conquête du territoire.

FC : Décris nous une de tes journées typiques

Je mange, je vis, je respire graffiti. Donc 7j/7 et 24h/24

FC : Est-ce que le graffiti ça aide pour draguer ?

De plus en plus.

FC : Ton heure préférée pour graffer ?

De 1h30 à 4h30.

FC : Associations de mots. Je te donne une liste de mots, et tu me donnes le premier mot qui te vient à l’esprit :

Graffiti: Vandalisme
Lyon: C’est à moi
France: Que de mur
La rue: Mon air de jeux
Bande dessinée: Piff gadget
Famille: compréhensive
Martin Luther King: Rien est encore fait
Tchernobyl: Mes soper
Une danse: La carioca
Freddy Mercury: Sida
Dieu: Athé

FC : Un son que tu écoutes toujours quand tu peins ?

Du reggae et du rap

FC : As-tu une anecdote à nous raconter sur toutes sessions graff réalisées dans Lyon ?

La police m’aide parfois à enlever les bulles quand je fais du collage !

FC : De quoi tu rêves?

De faire du graffiti jusqu’à ma mort

FC : Si il te restait 24h à vivre, quelles sont les 5 choses que tu ferais ?

Tout défoncer

FC : Quelles questions auraient tu aimé que je te pose ?

Pourquoi je fais toujours du vandale ? Parce que c’est ça le graffiti.

FC : Le mot de la fin. Une dédicace ?

A ma famille, à mon crew et à tous les bâtards qui ne lâchent pas l’affaire.

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