Vous les suivez depuis le début de la semaine, voyons de quelles inventions le OnOff Crew est capable sur une session.
Les coulisses d’une session graffiti 3D
En un bel après-midi ensoleillé du mois de mai, nous avons suivi les OnOff sur un terrain dans les Yvelines pour assister à la réalisation d’un graffiti 3D.
Un graffiti en 3D ? Non, rien à voir avec une sculpture-graffiti ou un effet trompe-l'oeil. Le graffiti 3D façon OnOff, c’est comme au cinéma. Il faut mettre ses lunettes rouges et vertes, sinon ça ne marche pas. Enfin, presque…
L’idée consiste à reprendre la technique qui permet de voir une image 2D en 3D. On superpose deux tracés identiques avec un léger décalage. L’un est rouge, l’autre vert. On enfile une de ces paires de lunettes avec un verre rouge et l’autre vert. Chaque œil ne voit ainsi que l’une des deux images, ce qui crée un effet d’optique et l’illusion du volume. Dis comme cela, ça paraît simple. Le nom savant du procédé est l’anaglyphe. Reste à voir ce que cela donne concrètement quand on l’applique à un graffiti.
Arrivés sur le terrain, il faut commencer par préparer le mur en le recouvrant entièrement de blanc. Eh oui, comme il n’y a pas de fond, il faut que le support soit complètement uni. Olson prévient qu’il se peut que ça prenne un peu de temps à se mettre en place. Les préambules sont longs chez les OnOff. Effectivement, ça discute pas mal. Pour bien délimiter l’espace de chacun, ils font finalement un petit schéma général du mur. Jok et Limo se posent chacun dans un coin pour préparer leur croquis. Kanos avait déjà fait ses devoirs avant de venir. Il sort un dessin tout prêt. Olson a tout dans la tête.
Vu l’idée de départ, la gamme chromatique est limitée. Les armes du jour sont le vert et le rouge ; ainsi que le violet pour les zones de chevauchement. Olson s’occupe du lettrage ONOFF au milieu du mur. Limo se place juste au dessus. A droite Jok prévoit d’ajouter son personnage fétiche et à gauche Kanos entame un de ses ‘paysages organiques’ dont il a le secret.
La session que nous avons suivi n'était pas leur premier essai de concept 3D. Voici une précédente réalisation de Jok et Kanos.
Kanos attaque donc directement à la bombe verte – sans placer aucun repère. Avec son dessin à la main, il semble avoir déjà une bonne idée de ce que cela donnera sur le mur. Limo et Jok placent quelques traits d’esquisse tandis qu’Olson prend plusieurs points de repères, utilisant même sa bombe comme unité de mesure.
Jok est passé à la bombe bleue après quelques repères en noir. Blocage de Kanos et Olson : « On avait dit vert ! » - « Ah bon, on le fait pas en bleu ? », répond Jok. « Et sinon, on décalle de combien le rouge ? » - « 45 degrés ». Il repart donc sur du vert en prévoyant le rouge décallé de quelques centimètres à 45°. Une main dans la poche et l’autre tenant sa bombe, il enchaîne les traits larges et assurés.
Le travail des uns et des autres commence à bien progresser. Les discussions s’installent. Kanos revient sur leur participation à RueStick la veille à Puteaux. Il apprécie que ce genre d’événements touche un public qui reste à convaincre.
Jok étant le plus avancé, nous le choppons en premier pour une interview solo. Kanos se prête ensuite au jeu assez facilement. Limo et Olson sont plus réticents, moins habitués à cet exercice.
Entre les interviews et la peinture ça chambre aussi pas mal, surtout entre Olson et Limo. Il y a aussi la compèt’ de celui qui finira avant les autres. Kanos semble le plus mal engagé. Avec tous les détails de son tracé, il est difficile d’imaginer comment il va s’en sortir pour ajouter la couche de rouge et combler la superposition en violet. Olson sourit, confiant en son acolyte : « C’est là que ça va devenir impressionnant ! »
Ils ont tous attaqués le deuxième tracé à présent : le rouge. Olson donne quelques conseils à Limo pour repérer les endroits à reprendre en violet. C’est son premier graff 3D. Jok a une technique qui semble bien rodé, ses traits amples et épais l’aident aussi à se repérer. Kanos de son côté peste d’avoir choisi un dessin aussi fin.
Après de multiples pauses clope-bière-interview-casse-croute, on touche pourtant au but. Avec par ordre d’arrivée Jok, Limo, Olson et Kanos. Ce dernier a mis un sacré coup d’accélérateur sur le rouge et le violet. Il ne reste qu’à faire une interview groupée. On récupère deux voitures pour enfants, abandonnées dans le terrain vague, pour installer le groupe devant la caméra.
Clap de fin – Il est temps d’admirer le résultat final. On recule au fond du terrain pour observer le mur. Jok a même pensé à apporter des lunettes 3D. Mitraillage du mur avec les appareils photos. On fait tourner les lunettes: Ça marche !


























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