Interviews

Interview de GUM

       

Par Anissa |  Publié le Lundi 25 Juin 2012.

Un graffeur s'est crée sa propre bulle de "Gum", et nous avons adoré la mastiquer! Rencontre avec cet artiste touché par le syndrome Peter Pan...

Scène montante du street art français, cet artiste montpellierain dénonce la société de surconsommation. Il répond à nos questions...

Graffiti : Interview de Gum


Street art acidulé : L'artiste gum répond aux questions de FatCap


FatCap : D’où vient le nom Gum?

Gum : Je ne sais pas d'ou il vient mais il m'a bien choisi... Il correspond parfaitement à mon univers acidulé, ludique et bubble. En fait, le plastique est le point central de ma démarche artistique et le fil conducteur des thèmes tels que la pub, la consommation et la surconsommation, le sexe.

Gum, ça résume bien tout ça!

FC : Comment se sont passés tes débuts et ta découverte de l'art urbain?

G : Comme tout le monde, avec une bande de potes, à la fin des années 90. Les premiers tags, les premières course-poursuites et des aventures mémorables. Je faisais partie d’un groupe de graff. On faisait les trains, les usines. C’était une manière d’exister. Poser sa signature partout, c’est vouloir se faire reconnaître.

 




FC : Pourquoi avoir choisi le graffiti?

G : Car il fait parti d'une culture qui se révolte contre la société… Aujourd’hui encore, même si les choses évoluent, le graffiti reste pour beaucoup de monde du vandalisme. Ce qui est faux. C’est tellement plus que ça. Le graffiti a renouvelé beaucoup de choses dans l’art contemporain notamment. Le street art en découle directement. Aujourd’hui, ma démarche n’est plus tellement en rapport avec le graffiti, mais ce sont mes origines, ça a formé mon style et j’ai gardé cet engagement dans mon travail.

Mais je reste catégorisé en tant que artiste street art. Je ne peins plus dans la rue. La seule chose qui m’en rapproche c’est que je ne peins qu’à la bombe. Et que mon univers est imprégné d’art urbain. Je suis plutôt « street art in my bedroom… »

FC : Comment définirais-tu la société actuelle?

G : Pour moi la société se résume au syndrome du Titanic : on continu a astiquer les lustres du bateau qui coule... Tout est prémâché, tout est prédécoupé. Il faut un mode d'emploi pour tout. On est attiré par tout ce qui est "bling bling", tout ce qui brille, qui est gonflable, qui s'envole, pendant que les bombes nous tombent sur la gueule, on regarde ailleurs. Chacun reste dans son monde, chacun veut avoir son Internet, son dernier objet high-tech. On nous promet l’impossible, on nous vend du rêve, du vent. On est dans une société boulimique, artificielle, lobotomisée par la pub. Un trop plein de conditionné, d'aseptisé et de prêt-à-consommer qui altère tous nos sens.

FC : Peux-tu expliquer ta vision?

G : Je suis le témoin d'une schizophrénie sociale ou plus rien n'est à sa place, le monde des adultes se fond avec celui des enfants, dans une profusion d'hypocrisie latente. Je dessine pour les enfants et m’adresse aux adultes. Ces 2 mondes se confondent tant que cela en devient anxiogène. « Les jeunes veulent devenir vieux et les vieux veulent devenir jeunes. Il y a des bonbons qui ressemblent à des drogues, et les drogues paraissent être des bonbons ».

J’essaie de peindre des choses légères, en espérant que les gens comprennent les messages. Mes tableaux sont des caricatures de tout ce qui me dérange dans ce monde. Je ne veux pas donner de leçon, mais en faisant rire les gens, en les faisant se questionner, je pense qu’on peut peut-être un peu changer les choses.

interview gum


Gum graffiti


FC : Est-ce que la peinture rend libre?

G : En effet, elle aide à extérioriser tous ces démons à l'intérieur... C'est mieux qu'une séance chez le psy... Elle me permet de dire tout ce que je pense. Une image vaut mille mots il parait… Et je suis très productif…

Gum artiste


bob l'éponge par Gum

FC : Comment définirais-tu ton style?

G : Mon style est simple, je dessine des chattes et des bites avec ironie...

Plus sérieusement, mon travail consiste à redéfinir certains codes «préfabriqués» avec une arme constante, l’ironie. Elle me sert à détourner, chambouler, mettre en exergue les contradictions de notre monde.

Et comme notre terre est submergée de plastique, de gaspillage… Mes œuvres aussi. Le plastique y fond à cause du réchauffement climatique, pendant que le monde regarde ailleurs.

FC : Quelles réactions chez les gens?

G : Oh! Il y en a plusieurs. Celle que je préfère, c’est celle que j’appelle l’effet Kiss Cool. D’abord ils ont le sourire et après, qu'ils se posent certaines questions sur ce masticage indigeste de Gelatinex... En général, je n’ai que des bons retours, les gens sont amusés!

Mais les enfants sont mes plus grands fans. Forcément, ma peinture est assez colorée, je reprends souvent des thèmes qu’ils comprennent, des personnages qu’ils ont vu à la télé.


FC : Dans quelle direction voudrais-tu faire évoluer ton style?

G : Comme Picasso, j'aimerais redessiner comme un enfant...

FC : Ton disque?

G : Toxicity de System Of A Down.

FC : Ton livre?

G : L’alchimiste de Coelho.

FC : Ton film?

G : Fight Club.

FC : Ton artiste?

G : Dran, un toulousain. Je suis complètement fan de ce qu’il fait.

FC : Ta dernière folie?

G : Ma dernière soirée au Rockstore... C’est une salle de concert culte à Montpellier. J’y ai fait les décors de la scène pour un groupe de drum and bass, Urbanbass.

FC : Qu’est-ce qui te fait avancer dans la vie?

 G : L’amour et le soutient de mes amis...

FC : Qu'aimerais-tu que dieux te dise?

G : "L’apocalypse... C'est pour bientôt".

FC : Une exclu pour FatCap?

G : ...Bientôt une expo à New York... (On croise tous les doigts !)

FC : Merci Gum!

Partager sur: Twitter | Stumbleupon | Digg | Delicious | Instapaper

DERNIERES VIDEOS

Où c'est?