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Interview de Stinkfish

       

Par Vincent Morgan |  Publié le Lundi 21 Mai 2012.

Interview de l'artiste phare colombien Stinkfish. Pochoirs et improvisation graphique dans les rues de Bogotà.

Stinkfish, street artiste originaire de colombie

Interview réalisée par Lauren Johnston.

FatCap : Comment as-tu développé un style si distinctif?

Stinkfish : Mon style est à la fois improvisé et préparé. Je prends des milliers de photographies et je choisis celles que je veux utiliser comme base pour un pochoir, le reste se fait instinctivement et rapidement dans la rue. J'aime aussi utiliser des matériaux différents ce qui fait que mon travail est en constante évolution.

FC : Quelle est ton avis sur la scène graffiti à Bogotá?

S : La scène graffiti à Bogotá est toute jeune, mais elles est unique à plusieurs titres en comparaison aux autres scènes, elle est vraiment basée sur le respect plutôt que la rivalité. Il y a beaucoup d'endroits pour peindre, donc pas de guerre intestine permanente sur les spots et les murs. Par ailleurs, comme la scène est nouvelle, les styles ne sont pas définis, nous avons une grande liberté créative.

Stinkfish  et le street art de bogota


Stinkfish colombian street art


Stinkfish colombian street art

FC : Est-ce que la fusion des styles est l'idéologie première derrière ton collectif APC ?

S : L'APC est un collectif trés libre, non conventionnel, c'est un collectif de graffiti artistes originaires de Bogotà mais aussi d'étrangers qui sont passés par Bogotà et tissé des liens. Il n'y a pas de règles régissant le style du collectif, c'est plus un ensemble d'amis qui partagent leur passion. Le facteur le plus important c'est le mélange des nationalités: Méxique, Argentine, Guatemala et j'en passe, d'autres influences sont ajoutées constamment.


FC : Tu as mentionné l'abondance de murs à disposition pour peindre, comment tu les choisis?

S : J'ai deux critères principaux, le premier c'est la visibilité. Je veux maximiser le nombre de personnes qui vont voir mon travail, donc je favorise les croisements, les rues bondées. Le second critère c'est le type de mur, je préfère les vieux murs, parce que j'aime jouer avec la texture, la peinture s'effrite, j'en tire profit dans mes nouvelles créations. J'ai l'impression de contiinuer l'histoire du mur et d'y ajouter ma part d'histoire, mon chapitre au sein d'un long récit.

Stikfish in bogota


Stinkfish artwork


Stinkfish in colombia, street art and stencil.

FC : Comment choisis-tu tes modèles ?

S : Je prends constamment des photos, surtout quand je voyage, je préfère prendre les citoyens d'une ville et les utiliser dans des villes différentes. Je vais aussi chasser les photos anciennes aux marché aux puces, les vieux magazines, ou simplement des photos jetées dans la rue.



FC : Pourquoi utilises-tu des vraies personnes?

S : Je veux capturer des moments de l'humanité dans mon travail et laisser l'interprétation au public. Je n'utilise jamais les gens que je connais, et je n'ai jamais demandé la permission des personnes avant de les prendre en photo. Je n'ai aucun intérêt à créer une mise en scène ou faire poser une personne pour un portrait.

FC : Quelle est ton opinion sur le graffiti politique?

S : Tout le graffiti est politique. L'acte d'écrire tes pensées sur un espace public, le transforme en un espace politique... une zone de protestation. Le graffiti est un moyen de récupérer la ville, Bogotà c'est plus que des panneaux, des sans-abri et des voleurs... Le graffiti est un moyen non censuré qui peut permettre aux gens de récupérer du pouvoir.

FC : As-tu l'intention de participer à des expositions artistiques ou festivals?

S : Je ne suis pas un fan de festivals. Généralement, ils ont un thème qui limite ma liberté de choix et je ne suis pas vraiment bon dans le thème imposé. Par contre je pense que c'est une bonne chose pour la communauté. J'en ai organisé à Bogotà avec Bastardilla. J'ai aussi monté un évènement pour promouvoir l'histoire du graffiti.


FC : Qu'est-ce que tu penses des graffeurs qui travaillent pour des entreprises, telles que Sprite?

S : Je crois que le graffiti n'est pas à vendre, mais je comprends que cela représente une moyen de gagner de l'argent qui peut être essentiel pour certains artistes. Je respecte leur décision, mais ce n'est pas pour moi.

FC : Est-ce que tu vends tes œuvres ou des reproductions?

S : Je vends des travaux depuis un an, mais uniquement des choses trés simples et rapides à exécuter. Par contre je ne vends pas de toiles, uniquement des photographies car je déteste être enfermé dans un cadre. Même quand je crée mes pochoirs, je fais ça trés rapidement et je les laisse dans la rue.


Street art: Stinkfish in Colombia


FC : As-tu des conseils pour jeunes graffiteurs?

S : Bon déjà pour moi le graffiti ce n'est pas de l'art, l'art c'est commercial, c'est pour les galeries, alors que le graffiti c'est la liberté, une chose qui se vit de manière indépendante. Donc je pense que c'est quelque chose qu'on doit apprendre seul, même si on peut l'enseigner, mais pour avoir un style personel, il faut rester avancer seul. Autre conseil, Ne soyez pas rebutés par un manque de technique, vous avez juste besoin d'une bombe de peinture pour laisser votre marque. Et surtout garder l'esprit ouvert!

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