Datachump est un passionné de graffiti vivant à Brighton (Angleterre). Cela fait 3 ans que la passion de photographier fresques, flops et autres tags a tourné en véritable obsession.
Es-tu un photographe professionnel ? Sinon, que fais-tu d’autre dans la vie ?
Non, je ne suis pas un photographe professionnel ; bien que j’aspire à en devenir un. J’ai participé à une exposition collective de street-art en mai 2010 à Nottingham, intitulée Stop robbing the rich et j’adorerais réitérer l’expérience.
Je travaillais pour une société américaine mais j’ai été broyé par le système. Le graffiti a été ma planche de salut.
Quand et comment as-tu commencé à prendre des photographies de graffiti ?
J’ai reçu Subway art comme cadeau de Noel en 1986. Tout est parti de là. Pendant de nombreuses années je ne me suis plus intéressé au graffiti pourtant; mais quand j’ai emménagé à Brighton, je me suis mis à en voir régulièrement de nouveau. J’ai commencé par jeter un œil aux murs de temps en temps et c’est ensuite devenu une drogue quotidienne. Je documente sérieusement le mouvement depuis maintenant 3 ans.
Qu’est-ce que tu aimes dans le graff ?
Je pourrais passer des heures à répondre à cette question. J’aime son caractère éphémère, ses règles implicites, l’anonymat des acteurs du mouvement, son histoire, le fait qu’il transcende les frontières et les langues.
Pour moi, il représente la révolte et la liberté, l’individualité et la créativité, des qualités qui sont trop souvent annihilées par l’uniformité de la société moderne.Dans les siècles à venir, il n’y a aucun doute que des historiens pensant savoir de quoi ils parlent le décriront comme un mouvement beaucoup plus consensuel qu’il ne l’est en vérité. C’est une culture d’une grande richesse traversée par des conflits et des contradictions. Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Au final, ce qui compte c’est le résultat : voir un nouveau mur recouvert d’une super fresque ou un tag dans un endroit impossible. Cela et le respect pour les « writers » qui ne peuvent s'empêcher de laisser leur empreinte de cette manière.
Le choix de Datachump
Nous avons demandé à Datachump de sélectionner quelques photos et de nous les commenter. Voici son choix:
Cette pièce a été peinte samedi dernier dans ma ville de résidence, Brighton. Big up à Ders & Daze (RT) Rels (Parkers) qui ont initié le mur à New England Quarter (quartier de Brighton). Je ne savais pas qu’ils étaient en ville. Quand je me suis rendue là-bas pour prendre des photos d’une autre pièce j’ai été littéralement ébahi. Et c’est ce dont je parlais, ce sentiment quand on aperçoit une nouvelle pièce par l’un de ces graffeurs favoris. C’est un sentiment tellement agréable. Et c’est gratuit !
J’ai pris cette photo d’une prod de Carl & Cry la semaine dernière à Lakeside dans l’Essex. C’est un mur incroyable de plus de 3km le long de la Tamise. C’est l’un des murs que je préfère photographier à cause du ciel.
Les deux photographies précédentes sont traitées par des procédés HDR. Les photographes sont vraiment divisés sur leur utilisation. Certains en sont dingues, d’autres les détestent. Je n’en suis pas fan mais c’est très utile. En revanche, mal utilisé c’est terrible et j’ai fait pas mal de mauvaises photos avec cela.
Finalement, j'ai fini par détesté mes photos HDR; donc en voici une sans artifices, une prod' de Gary (Heavy Artillery, MSK) à Oxford Place, Brighton.
Le choix de FatCap
Et voici la sélection totallement subjective et pas du tout exhaustive de FatCap, parmi les milliers de photographies prises par Datachump (7517 à ce jour sur son Flick'r!) :
Quand on parle de tags dans des endroits impossibles... l'un des préférés de Datachump.
PK - Bronx (NYC) - décembre 2010
Entretien réalisé par Sophia Aït Kaci





























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